L'aménagement responsable : plus ou moins onéreux ?
Réduire le nombre de cloisons, conserver un sol existant, réemployer du mobilier, choisir des matériaux plus vertueux… Lorsqu’une entreprise envisage un projet d’aménagement responsable, la question du coût est systématique.
L’idée selon laquelle un aménagement plus durable est plus cher est répandue. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée. Car si certains matériaux responsables affichent effectivement un coût d’achat plus élevé, d’autres sont proposés au même prix que leurs équivalents traditionnels. Certains permettent même de réaliser des économies.
En réalité, la véritable question n’est peut-être pas de savoir si un aménagement responsable coûte plus cher, mais plutôt comment actionner les bons leviers pour créer des bureaux performants, sobres, alignés avec les besoins de l’entreprise… tout en maîtrisant le budget.
Le véritable levier économique se joue dès la conception
Avant même de parler de matériaux, un projet responsable commence par une réflexion sur les usages.
De quels espaces les équipes ont-elles réellement besoin ? Les bureaux sont-ils adaptés aux nouveaux modes de travail ? Faut-il créer de nouvelles salles ou certaines peuvent-elles être transformées ? Quelle surface est réellement nécessaire ?
Autant de questions qui permettent d’éviter un piège fréquent : le sur-aménagement.
Un bureau trop grand ou trop petit coûte cher :
- Dans le 1er cas, vous payez des m2 peu utilisés et les espaces paraissent vides.
- Dans le 2ème cas, vous subissez la pénurie avec le manque d’espaces adaptés et des conséquences directes sur la performance des équipes. Vous compensez par des travaux coûteux et des règles de vie, mais l’expérience collaborateurs se dégrade.
Concevoir un projet responsable ne consiste pas uniquement à remplacer des matériaux par des alternatives plus vertueuses. C’est avant tout chercher à répondre au besoin avec le moins de ressources possible.
Cette approche permet souvent de limiter les coûts tout en réduisant l’empreinte carbone du projet. Pour mieux comprendre où se situent les principaux leviers d’action, Constance, notre responsable RSE a réalisé une étude sur le coût carbone d’un aménagement de bureaux. Les résultats montrent que les choix effectués dès la conception du projet ont un impact déterminant sur le budget et sur les émissions de carbone.
Optimiser les espaces plutôt que multiplier les aménagements
Un projet responsable passe par une meilleure organisation des espaces.
Créer des bureaux plus ouverts, réduire le nombre de cloisons ou imaginer des espaces polyvalents permet souvent de répondre à davantage d’usages avec moins de matière.
Les cloisons constituent par exemple l’un des postes les plus coûteux d’un aménagement, aussi bien financièrement qu’en termes d’empreinte carbone. En limiter le nombre permet donc de réduire simultanément le budget et l’impact environnemental.
Dans certains cas, cette optimisation permet même de libérer de nouveaux espaces pour accueillir d’autres usages. Salle de sport, espaces collaboratifs, lieux de convivialité ou zones de concentration qui, in fine, améliorent le bien-être des collaborateur·rice·s.
De la même manière, certains choix techniques produisent des effets immédiats. Une cloison vitrée sur allège, par exemple, nécessite moins de matière coûteuse en carbone qu’un vitrage toute hauteur.
Résultat : une solution moins coûteuse et moins émettrice de carbone.
Tous les matériaux responsables ne coûtent pas plus cher
Certains matériaux restent effectivement plus onéreux. C’est notamment le cas de certaines solutions innovantes à base de biomatériaux (coquilles d’oeufs, coquillages…), de panneaux en PET recyclé ou encore de certains bois massifs. Ces filières sont encore jeunes et des fournisseurs de taille plus modeste les portent, ce qui explique des coûts parfois plus élevés.
À l’inverse, d’autres alternatives responsables affichent des prix comparables aux solutions conventionnelles.
Un revêtement de sol en linoléum coûte sensiblement le même prix qu’un sol PVC classique tout en présentant une empreinte carbone nettement plus faible. De même, certaines peintures biosourcées existent à un tarif proche des peintures traditionnelles, avec un bénéfice supplémentaire. Elles émettent moins de composés organiques volatils (COV), et contribuent ainsi à une meilleure qualité de l’air au bureau.
Réemploi, reconditionnement : des solutions d’aménagement responsable qui font souvent baisser la facture
Avant toute intervention, un diagnostic de l’existant permet d’identifier les éléments que l’on peut conserver : des cloisons, du mobilier, des revêtements de sol ou encore certains équipements.
Réemployer ces éléments présente un double avantage. D’un côté, l’entreprise limite les achats de nouveaux matériaux. De l’autre, elle réduit les déchets ainsi que les émissions liées à la fabrication de produits neufs.
Autrement dit, le réemploi est souvent à la fois la solution la plus économique et la plus vertueuse.
Le reconditionnement offre lui aussi des opportunités intéressantes. Une moquette reconditionnée peut, par exemple, coûter jusqu’à deux fois moins cher qu’une moquette neuve. De la même manière, du mobilier reconditionné permet d’accéder à des produits de qualité supérieure pour un budget équivalent à celui d’un mobilier neuf d’entrée de gamme.
Ainsi, responsable ne signifie pas nécessairement plus cher. Dans certains cas, c’est même l’inverse.
Regarder au-delà du prix d’achat
Comparer uniquement le prix d’achat reste pourtant une vision incomplète.
Un matériau plus coûteux à l’acquisition peut durer davantage, nécessiter moins d’entretien, être réparable ou encore être réemployé lors d’un futur projet.
De plus en plus de fabricants conçoivent aujourd’hui du mobilier démontable et réparable. Lorsqu’un élément s’abîme, il devient possible de remplacer uniquement la pièce concernée plutôt que l’ensemble du mobilier, prolongeant ainsi sa durée de vie.
C’est pourquoi un projet responsable s’évalue davantage en coût global qu’en coût immédiat.